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Écrit par Cheik Chawkat Ali Limbada   

Transmettre l'essentiel

 

La faim dans le monde, l'insécurité, les maladies infectieuses... autant de maux qui persistent. Mais peut-être que le plus grand défi pour l'être humain reste celui de transmettre à ses enfants l'essentiel en matière d'éducation.

La faim dans le monde, l'insécurité, les maladies infectieuses... autant de maux qui persistent. Mais peut-être que le plus grand défi pour l'être humain reste celui de transmettre à ses enfants l'essentiel en matière d'éducation. Comment donner à cet enfant le goût d'apprendre, de se cultiver, de s'épanouir intellectuellement. Comment faire pour que cet enfant devienne un passionné de lecture, d'investigations, de recherche. Mais avant tout, comment lier notre enfant à Son Créateur pour partir ensuite le cœur soulagé d'avoir « fait l'essentiel ».

Quand le grand compagnon Ibn Mass'oûd (que Dieu soit Satisfait de lui) allait mourir, le calife 'Outhmân Ibn 'Affân (que Dieu soit Satisfait de lui) lui rendit visite. Le calife lui demanda ce qu'il en était de sa maladie. Ibn Mass'oûd, le cœur illuminé par la foi, dit que c'était là la conséquence de ses péchés. Le calife lui demanda s'il désirait voir un médecin. Ibn Mass'oûd dit : « C'est le Médecin qui m'a fait tomber malade. » Le calife demanda s'il désirait qu'on offrît quelque allocation à ses enfants. Et Ibn Mass'oûd qui était pauvre avec sa famille de répondre : « Pas besoin de cela. J'ai enseigné à mes enfants la sourate al-Wâqi'ah. Et le Messager de Dieu (paix sur lui) a dit que la famine ne frapperait pas celui qui réciterait cette sourate chaque soir. »


Ces premiers musulmans avaient réussi à transmettre l'essentiel : une certitude sur le message de l'islam, une certitude sur les promesses de Dieu et de Son Messager (paix sur lui). Cette certitude devait plus tard permettre à l'islam de pénétrer les terres les plus lointaines. Des hommes simples, n'ayant pas reçu un enseignement particulier, mais armés de cette certitude, impressionnèrent les hommes les plus puissants de la terre. Quand Rib'î Ibn 'Amr (que Dieu soit Satisfait de lui) entra dans le palais de Roustem, général perse, son regard ne se porta même pas sur les soieries que les perses avaient sorti pour l'occasion afin de le troubler. À la question de Roustem : « Pourquoi êtes-vous venus ? », ce compagnon répondit calmement : « Dieu nous a envoyé pour sortir qui Il veut de l'adoration des serviteurs et les mener vers l'adoration du Maître des serviteurs. » Réponse édifiante d'un homme du désert devant l'empire perse et ses plus hautes personnalités. Quand le compagnon partit, les généraux perses se moquèrent de sa tenue simple et modeste. Mais Roustem les reprit : « Malheureux ! Ne regardez pas les habits. Ces gens n'ont que faire des apparences. Il était seul et voyez comment il nous a parlé. Demain, c'est une armée entière de ces hommes qu'il faudra affronter ! »

Les compagnons surent transmettre l'essentiel : la certitude. Un compagnon raconte qu'un bédouin vint un jour dans la mosquée du Prophète (paix sur lui) prier deux rakates. Il laissa sa chamelle à la porte de la Mosquée. Après avoir prié, il sortit de la mosquée : plus de chamelle ! Qu'aurions-nous fait à sa place ? On vient prier à la mosquée et on ressort sans voiture. Appeler freedom n'est-ce pas ? Ce bédouin se contenta de lever les mains et dit : « Ô Dieu ! Je me suis acquitté de ce que tu m'avais confié. Où est donc ce que je T'ai confié ? » Et quelques instants plus tard, quelqu'un ramena la chamelle. Ce bédouin avait vécu dans le désert. Il ne connaissait pas grand-chose de la « civilisation ». Mais il avait appris l'essentiel : la certitude, le lien avec Dieu, la prière, les invocations. Voilà ce qu'il nous faut transmettre en priorité à nos enfants. Et avec cela, qu'ils deviennent ingénieurs, cadres, dirigeants,... ou ce qu'ils veulent. Mais qu'ils n'oublient pas l'essentiel. Qu'ils vivent avec cet essentiel. Ils seront riches dans cette vie et dans l'autre. Mais s'ils oublient cet essentiel, ils peuvent bien devenir ce qu'ils veulent, ils ne vaudront que dans la société des hommes. Et quand le rideau tombera, les masques tomberont avec. Le sage a dit : « Quand la lumière se fera, chacun se rendra compte s'il était sur un âne ou sur un cheval ».

 

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