Ce qui suit est un discours délivré par Hazrat Cheik Ashraf Ali Thanwî (r) à Gangôh en Inde le 1er Sha’bân 1330, (Juillet 1912). {Part 1 }
L'indifférence entraîne la banalisationLe fait est que nous avons entendu beaucoup de discours sur ce sujet. Mais parce que nous avons été indifférents à l’écoute de ces discours, nous sommes devenus indifférents au sujet de ces discours. Ce sujet est devenu à nos yeux « banal ». J’en veux pour preuve qu’il n’entre pas dans nos priorités en matière religieuse. Et pourtant, son importance est cruciale. Le Prophète (paix sur lui) a été très clair : l’homme suit la religion de son ami. Autrement dit, fréquente les pieux et tu finiras par acquérir la piété. Fréquente les insouciants et tu finiras par en faire partie. La piété de ton ami sera la cause de ta piété. Et l’insouciance de ton ami sera la cause de ton insouciance. Chaque personne doit sérieusement considérer les gens qu’elle fréquente. Insouciance même parmi les pratiquantsMalheureusement, la oummah a minimisé ce sujet. Laissons le commun des musulmans : même chez les personnes religieuses qui sont régulières dans la lecture du Coran, dans le Zikr, dans la Salah… on trouve peu de gens pour qui ce sujet est de première importance. Peu de personnes comprennent que la compagnie des pieux est essentielle et que la compagnie des dévergondés est dangereuse. N’est-il pas étrange que nous prenions des mesures pour nous protéger des épidémies ou contagions mais que nous soyons insouciants par rapport à la compagnie des hommes. Combien de fois avons-nous entendu des paroles totalement infondées du genre : « Chacun son affaire. Le mal d’une personne ne concerne que cette personne. » Contagion spirituelleFrères ! Nous nous protégeons quand arrivent des maladies contagieuses. Et pourtant, même chez les médecins, des désaccords existent sur la pertinence et la véritable nature des contagions . Je connais d'ailleurs un hindou qui, ayant perdu son fils et ne trouvant plus goût à la vie, se frotta très fort la peau avec celles de personnes atteintes d'une maladie dite contagieuse, commença à porter leurs vêtements, à manger dans leurs vaisselles, à vivre au milieu d'eux, dans le but lui aussi de tomber malade. Jusqu'à présent, il se porte à merveille ! L'islam a d'ailleurs apporté un enseignement unique en la matière, affirmant avec force que même si contagion il y a, la maladie et la santé ne viennent qu'avec la Volonté de Dieu. Malgré donc ces divergences entre les praticiens, nous faisons jouer le principe de précaution, et nous nous protégeons. Peu nous importe que certains spécialistes aient mis en doute l'idée même de contagion, nous pensons que deux précautions valent mieux qu'une. Voyez comment nous sommes précautionneux pour ce qui est de notre santé physique. Mais quand il s'agit de religion, notre raisonnement est « Chacun porte son mal en lui. Il n'y a pas à s'inquiéter. » Des maladies contagieuses et éternellesFrères ! La contagion du corps provoque des maladies physiques et peut entraîner la mort. C'est donc temporaire, tout au plus jusqu'à la mort. Mais qu'en est-il de ces contagions qui provoquent des maladies éternelles ? Il nous faut examiner avec attention nos fréquentations. Je veux parler ici des véritables fréquentations, celles qui se répètent beaucoup. Je ne parlerai pas ici des relations forcées que l'on a avec certaines personnes, comme quand on va au marché par exemple. Le propos ne concernera que les véritables fréquentations, celles que l'on entretient et qui parfois vont jusqu’à notre intimité. D'ailleurs le hadîth cité plus haut ne parle pas de « la religion du sahib » mais de la « religion du khalîl ». Il y a bien cette idée de fréquentation que l'on entretient avec la personne. Ce n'est pas de rencontre fortuite qu'il s'agit. Négligence dans l'éducation de nos enfantsNous voyons les parents se soucier beaucoup de l'éducation mondaine de l'enfant. Ils pensent à son avenir professionnel, essaient de le motiver pour qu'il acquière une compétence dans un domaine où il pourra exercer une profession. Ils se soucient aussi de la santé. Si les enfants sont malades, on dépense sans compter pour eux. Mais sacrifions-nous ne serait-ce qu'un mois dans l'année de cet enfant, ne serait-ce qu'une semaine pour son éducation spirituelle en compagnie de personnes pieuses ? Malheureusement, nous nous contentons de quelques mots de reproche quand il s'agit du spirituel. Pourtant, l'expérience a prouvé que les mots seuls, qui plus est quand ils viennent de personnes relativement ordinaires, n'ont pas beaucoup d'effet. Peu d'impact dans les paroles sans les actionsLes paroles d'un homme n'ont d'effet que si lui-même est engagé dans ce qu'il prêche. Sans les actions, les paroles ne dynamisent pas. Or, dynamiser dans un discours est nécessaire si on veut que le discours touche réellement. Si le Glorieux Coran touche les coeurs, c'est parce que de bout en bout, nous trouvons dynamisme, argumentation remarquable, explication brillante, éloquence impressionnante... et c'est ce qui explique les Arabes étaient touchés quand ils l'entendaient. Dynamisme du Livre de DieuJe veux vous parler d'un incident qui illustre bien comment le Coran est une force qui éveille les coeurs. Quand le Messager de Dieu (paix sur lui) commença sa prédication vers l'islam et sa condamnation des idoles, les chefs des qorayshites tinrent conseil pour le faire cesser. Ils crurent, avec leur vision limitée, que la prédication du Prophète (paix sur lui) cesserait si on lui offrait l’accès aux facilités matérielles. Pourquoi les hommes luttaient-ils ? Quels étaient les objectifs qui se cachaient dans les cœurs ? Alors pourquoi ne pas proposer ces choses au Prophète (paix sur lui) : l’argent, les femmes, le pouvoir… Une parenthèse...De nos jours, nombreux sont ceux qui, animés des mêmes sentiments que les qorayshites, viennent auprès de personnes pieuses. Ils pensent rester auprès de cette personne avec comme objectif de recevoir quelque honneur et pourvoir se marier avec une telle. Mais comment la personne pieuse qui ne désire pas ce bas monde pour elle-même pourrait-elle le désirer pour les autres ? De présenter ses besoins mondains devant ceux qui sont avant tout occupés à la réforme spirituelle est une injustice. C’est un peu comme si on demandait à un bijoutier de réparer une houe à l’aide d’une pierre à aiguiser. Les maîtres spirituels traitent les maladies des cœurs. Allez vers eux avec ce seul objectif. Malheureusement, de nos jours on va auprès de ses hommes uniquement pour obtenir un ta’wîdh ou bien pour qu’il parle en notre faveur afin d’avoir la main d’une fille. C’est vraiment dégradant. Un hadîth nous dit qu’il est triste qu’un savant se fasse ridiculiser par un ignorant. Je dis que ce genre d’attitude est une forme d’insulte à l’égard du savant. N’est-ce pas se moquer du bijoutier que de débarquer chez lui avec une houe en lui demandant de la réparer ? Mw Yâqoûb disait : « L’image des savants aujourd’hui est celle d’une cuisine toute équipée dans les mains d’un avare qui, par avarice, refuse de se préparer des bons plats. Cette cuisine lui dit : « Si vous ne m’utilisez pas comme il convient, je perdrai de mes capacités. » Voilà ce que sont les savants de nos jours : des personnes souvent très compétentes… utilisées seulement pour lire la salâh janâzah et pour faire des tâ’wîdhs. Je ne veux pas dire qu’il ne faille pas présenter à ces personnes pieuses nos besoins mondains. Je dis que la manière de le faire n’est pas de leur demander un tâ’wîdh mais des douahs. Les saints sont supposés posséder l’attribut de abdiyyah ; ils sont là pour diriger les gens vers le Créateur. Alors qu’en se limitant au tâ’wîdh, c’est un lien vers le tâ’wîdh qui se crée. C’est pourquoi je dis que les vrais pieux ont de la réticence à donner les tâ’wîdhs. De plus, faire douahs est une ‘ibâdah. Il n’y a aucun mal à demander aux gens pieux de prier pour nous, tant que ce que l’on demande ne relève pas d’un attachement excessif à cette vie. Malheureusement, les gens ont tendance à projeter sur le saint leurs propres aspirations : ils pensent que le saint est, comme eux, quelqu’un qui cherche ce bas monde.
L'indifférence entraîne la banalisationLe fait est que nous avons entendu beaucoup de discours sur ce sujet. Mais parce que nous avons été indifférents à l’écoute de ces discours, nous sommes devenus indifférents au sujet de ces discours. Ce sujet est devenu à nos yeux « banal ». J’en veux pour preuve qu’il n’entre pas dans nos priorités en matière religieuse. Et pourtant, son importance est cruciale. Le Prophète (paix sur lui) a été très clair : l’homme suit la religion de son ami. Autrement dit, fréquente les pieux et tu finiras par acquérir la piété. Fréquente les insouciants et tu finiras par en faire partie. La piété de ton ami sera la cause de ta piété. Et l’insouciance de ton ami sera la cause de ton insouciance. Chaque personne doit sérieusement considérer les gens qu’elle fréquente. Insouciance même parmi les pratiquantsMalheureusement, la oummah a minimisé ce sujet. Laissons le commun des musulmans : même chez les personnes religieuses qui sont régulières dans la lecture du Coran, dans le Zikr, dans la Salah… on trouve peu de gens pour qui ce sujet est de première importance. Peu de personnes comprennent que la compagnie des pieux est essentielle et que la compagnie des dévergondés est dangereuse. N’est-il pas étrange que nous prenions des mesures pour nous protéger des épidémies ou contagions mais que nous soyons insouciants par rapport à la compagnie des hommes. Combien de fois avons-nous entendu des paroles totalement infondées du genre : « Chacun son affaire. Le mal d’une personne ne concerne que cette personne. » A suivre..... |




















