Le contrôle des naissances et la contraception en Islam
1- LE CONTROLE DES NAISSANCES : La préservation de l'espèce humaine est inévitablement l'un des objectifs principaux du mariage. Cette préservation nécessite une reproduction perpétuelle. L'Islam encourage donc la procréation et bénit les progénitures mâles et femelles. Il autorise la planification familiale seulement pour des raisons exceptionnelles et dans des cas de nécessité reconnue. Les méthodes de contraception sont diverses et ne sont applicables que sous certaines conditions, comme cela détaillé dans les lignes suivantes.
Les origines et les objectifs du contrôle des naissances… Vers la fin du 18ème siècle, un révérend et économiste de renommée mondiale, Malthus, fut le premier à initier ce mouvement. Durant cette période, des facteurs tels le mercantilisme, la croissance des villes, les flux migratoires entraînèrent un accroissement rapide de la population européenne. En 1798, il publia un essai pour démontrer que l'espace habitable et les ressources limitées contrastaient avec les possibilités de reproduction humaines illimitées. Pour faire face à la surpopulation et aux manques de ressources, il fallait contrôler les naissances. Cependant, il ne recommanda pas l'utilisation de contraceptifs, mais prescrivit la vieille recette de l'abstinence, c'est à dire retarder le mariage ou s'abstenir d'une vie conjugale. Ce n'est qu'avec l'emphase de Francis Place de France sur l'utilisation des méthodes contraceptives que ce mouvement prit un véritable élan, appuyé par le Dr Charles Knowlton qui exposa, en 1833, dans son livre "Fruits de la Philosophie" l'utilisation et les avantages médicaux de la contraception. Au départ ces nouveaux concepts n'attirèrent pas beaucoup l'attention du public qui constatait que les ressources augmentaient simultanément et considérablement avec la population. Peu de temps après, une association était formée pour lancer une grande campagne publicitaire en faveur du contrôle des naissances et ce n'est qu'en 1878 que ce mouvement prit sa vitesse de croisière. La même année, Mme Annie Besant produit un "best seller", "Lois de population" , qui révolutionna de façon spectaculaire la philosophie du contrôle des naissances. Tous les pays d'Europe et l'Amérique commencèrent à le pratiquer à partir de 1881. Facteurs contribuant au succès de ce mouvement… Avec la Révolution Industrielle, l'Europe entra dans l'ère de l'économie industrielle moderne. La migration urbaine motivée par la recherche du travail et un standard de vie attractif gonfla considérablement la population citadine. Des millions d'individus s'agglutinèrent dans des espaces réduits créant des problèmes économiques et sociaux complexes: lutte pour sa subsistance, compétition accentuée et rude, changement des standards et valeurs sociales, coût des locations et des logements exorbitants… Les membres productifs de la famille dédaignent ceux qui ne font que consommer sans contribution financière. L'éducation des enfants pour les pères et la maintenance des épouses pour les maris deviennent un fardeau insupportable. Chacun désire le maximum de bénéfice de ses propres revenus et répugne à les partager avec les autres. Ces circonstances ouvrirent la voie aux femmes vers la recherche de leurs propres moyens de subsistance. Elles devaient abandonner leurs responsabilités domestiques et rechercher des emplois dans les bureaux et les usines qui embauchaient de la main d'œuvre bon marché, au plus grand bonheur de la classe capitaliste. Alourdies par la responsabilité de l'auto subsistance économique, il devint extrêmement difficile pour elles d'assurer les fonctions de procréation et l'éducation des enfants de façon bénéfique. Après tout, comment une femme qui travaille dur toute la journée pour contribuer au budget familial pourrait-elle en plus de cela porter le lourd fardeau de l'enfantement? Non seulement elle a besoin de repos et de sérénité pendant la portée, mais en plus, l'allaitement et la croissance du bébé demandent de l'attention, de l'affection, de la protection, pendant des années. Son travail ne saurait souffrir de ces encombrements. Cela étant, bon nombre de femmes en Occident devaient faire face à un dilemme : Elles avaient une responsabilité maternelle et si elles remplissaient cette fonction naturelle et digne, elle devenaient inaptes à exercer leur emploi pour une longue période, devenant ainsi des "charges" pour leur mari. De plus leur employeur ne pourrait accepter leurs longues absences répétées. Ainsi l'opportunité idéale se présenta à la science médicale qui vint à leur secours en leurs offrant des méthodes contraceptives, préparant ainsi le terrain à l'émancipation de la femme. La femme émancipée devient maintenant la victime du cercle vicieux de la déféminisation. Elle se considère sotte que de laisser tomber les plaisirs de la vie extérieure et prendre à sa charge la douloureuse vie domestique. L'embarras de la maternité et le travail ingrat de l'éducation des enfants semblent entraver les plaisirs de la vie. Elle essaie d'être mince et svelte, mignonne et charmante, jeune et sexy pour tester son pouvoir de séduction et s'attirer l'attention des hommes. Alors qu'elle est capable de dépenser frivolement dans les vêtements et les cosmétiques, son budget ne peut supporter le coût de l'éducation de ses enfants. C'est une tragédie sinistre et inquiétante. Similairement, le matérialisme a fait de l'homme un individu extrêmement égoïste et cupide. Chacun essaie d'accumuler le maximum de richesses pour son confort personnel et son bien être. Son ego ne daigne supporter que quelqu'un d'autre lui réclame une partie de ses gains, eût-il été son père, son frère, sa sœur, voir même ses propres enfants, chair de sa chair, le plus cher de sa chair, la moelle de sa moelle. Le riche et l'aisé ont inventé, pour leur complaisance et leur vie sensuelle, une variété de moyens et de méthodes, et le faste de leur vie s'affiche comme modèle pour les moins nantis. Par conséquent, ces derniers essaient de singer le standard de vie des plus riches. Bon nombres de luxes sont devenus de telles nécessités artificielles de notre quotidien que sans elles la vie semble morose et sans goût. Ces attitudes ont dangereusement surélevé le standard de vie à un niveau tel qu'un homme doté d'un salaire moyen trouve extrêmement difficile de subvenir à ses besoins personnels, n'en parlons pas des besoins de ses enfants. Un auteur français, Paul Bereau, affirme que les résultats d'une enquête en France sur les motivations de pratiquer un contrôle des naissances, montrèrent que très peu de couples la pratiquaient en raison de la peur d'une grande famille ou pour des raisons de rareté des moyens de subsistance. La plupart des gens l'ont fait pour les raisons suivantes: meilleure positionnement de leur situation financière et maintenance d'un standard de vie élevé, veiller à la subdivision de leur propriété en petites unités, donner une éducation élevée et élitiste à leur enfant unique afin de lui assurer un avenir brillant, préserver la beauté et la délicatesse des femmes des nuisances de la maternité et de l'entretien des enfants, garder intact sa liberté et son confort, éviter que l'attention de la mère soit dévouée aux enfants au détriment du bonheur du mari. Bref, tous ceux qui pratiquent ou désirent pratiquer le contrôle des naissances s'y retrouvent quelque part. Le point de vue de l'Islam… Le dogme de l'Islam est l'existence de Dieu, Unique et Créateur. Le principe qui en découle est que l'univers entier appartient à Dieu qui en est par essence le propriétaire. Allah le mentionne souvent dans le Qour'aan: "Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre appartient à Dieu" (Qour'aan 2/284). En tant que musulman c'est notre ferme conviction que les provisions, au niveau macroéconomique, ne sont pas dépendantes de la masse de la population. Le trésor d'Allah est infini et illimité. Mais dans sa sagesse exaltée, il pourvoit avec juste mesure: "Et il n'est rien dont Nous n'ayons les réserves et nous le faisons descendre que dans une mesure déterminée" (Qour'aan 15/21) "Si Allah attribuait Ses dons avec largesse à [tous] Ses serviteurs, ils commettraient des abus sur la terre; mais il fait descendre avec mesure ce qu'Il veut. Il connaît parfaitement Ses serviteurs et en est Clairvoyant." (Qour'ane 42/27) Malgré ses assurances, on peut toujours se poser la question suivante: Comment se fait-il que certains pays sont dévastés par la famine ? Nous devons comprendre que le système d'Allah prévoit que les calamités sont les résultats de nos mauvaises actions. Lorsque le mal domine, la sécheresse et la famine font ravage. "Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis. Et Il pardonne beaucoup" (Qour'aan 42/30) Même l'accroissement des prix de la consommation est le résultat de nos actions. D'autre part, certaines zones de famine n'affectent pas l'abondance de l'offre disponible partout ailleurs. On devrait se rappeler des tonnes de nourriture jetées sur les routes ou dans les océans par les différents lobbies de consommateur pour réguler les prix. Au niveau microéconomique et individuel, la générosité d'Allah est également sans faille. Le Créateur a pris la responsabilité de subvenir aux besoins de chaque créature. "Il n'y a point d'être vivant sur terre dont la subsistance n'incombe à Allah qui connaît son gîte et son dépôt; tout est dans un livre explicite" (Qour'ane 11/6) Mais si nous allons accroître notre progéniture, où allons-nous obtenir la nourriture ou les biens supplémentaires pour ces nouvelles bouches? Le Prophète d'Allah nous répond à cette question: "Les moyens de subsistance vous sont pourvus (grâce aux barakah - bénédictions) de vos innocents et vos faibles subordonnés"(cité par Ibn Hibbân dans son Sahih) Et lorsque nos moyens nous sont accordés par la bénédiction de leur existence, nos dépenses en réponse à leurs besoins matériels nous seront grandement récompensées. "Et tu ne fais aucune dépense pour le plaisir d'Allah sans qu'elle ne te soit rétribuée, jusqu'à même la bouchée de pain que tu mets dans la bouche de ta femme". (Boukhari et Sahih Mouslim) Cette dépense, si elle est faite pour le plaisir d'Allah, est équivalente à une sadaqah (aumône) et revient à dépenser dans le chemin d'Allah. Les injonctions coraniques contre l'égoïsme et la thésaurisation vont dans le même sens: " …Ceux qui se préservent contre leur propre avidité, ceux là sont ceux qui réussissent…" (Qour'aan 59/9) En fait, l'Islam nous enseigne à pratiquer exactement l'opposé du contrôle des naissances et du planning familial. Dans un Hadith, Le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) nous encourage à accroître notre progéniture: "Marriez les femmes qui montrent une grande affection et qui sont très fertiles, très certainement, je serais très honoré au (Jour du Qiyâmah) par votre grand nombre". Cependant, l'Islam autorise dans des cas bien déterminés le recours au planning familial. (article publié dans Al Islam 171; la suite dans le 172) 2- LA CONTRACEPTION: Les partenaires peuvent trouver un plaisir mutuel dans le mariage, mais il n'en demeure pas moins que l'un des objectifs principaux du mariage est la procréation. Et tout enfant provenant d'une relation maritale doit être considéré comme un cadeau de la part d'Allah et doit être élevé dans ce monde comme un musulman. En réduisant les possibilités de naissance, cet objectif primordial sera inévitablement affecté. L'expression "planning familial" se réfère à la contraception utilisée par le mari et l'épouse pour planifier le nombre d'enfants en espaçant les grossesses. L'expression "contrôle des naissances" désigne, quant à elle, l'utilisation de la contraception pour empêcher la gestation résultant d'une relation sexuelle ayant eu lieu dans le cadre du nikâh ou hors nikâh (ce qui est strictement interdit dans l'Islam). Du point de vue islamique, toute utilisation de la contraception comme un moyen pour la promotion de la promiscuité est tout à fait inacceptable. Les sentiments naturels entre homme et femme doivent être canalisés à travers l'institution du mariage. C'est pour cela que nous préférerons l'expression "planning familial" à du "contrôle des naissances". L'Islam est une qualité de vie parfaite. C'est un système et un code global de culte, d'éthique et de moralité. La détermination de ce qui est halâl (légal) ou harâm (illégal) doit se baser sur le Qour'ane, les Hadiths -la Sounnah du Prophète . Si la règle ne se trouve pas dans ces références premières, alors le savant fait appel aux autres sources de la loi musulmane et étudie les décisions des savants musulmans érudits en la matière. Le sujet de la contraception serait délicat à traiter du point de vue religieux sans l'approche médicale. Il est nécessaire de considérer les différentes méthodes de contraception et leurs effets secondaires pour déterminer leur acceptabilité religieuse ou non. Nous aborderons donc le point de vue de la loi islamique en ce qui concerne la contraception. Est-elle autorisée ou sanctionnée ? Quelles seraient les raisons légitimes pour autoriser une telle pratique et les méthodes envisageables ? Le point de vue islamique… L'utilisation des méthodes contraceptives s'apparente au "az'l" (coït interrompu) qui était pratiqué également par certains Sahabas. Le az'l n'est pas autorisé sans excuse valable. Quand Rassouloullah fut questionné à propos du az'l, il le compara à un "infanticide caché" et il mentionna ensuite le verset du Qour'ane sur l'abomination d'enterrer quelqu'un vivant (Mishkaat P: 276 rapporté du Sahih Muslim) Sheikh Abdoul Haq Mouhaddith Dehlawi (rahimahoullâh) écrit dans son livre "lam'aat" que la pratique hideuse du az'l tombe également dans le cadre de ce verset. Tout comme le az'l n'est pas permis sans excuse valable, il en est de même pour la contraception qui requiert des raisons valables pour son acceptation. (Note: Les excuses valables sont celles définies par les Oulama comme valides) On peut mentionner comme excuse valable le cas où la mère a subit pendant la grossesse précédente et pendant l'accouchement des difficultés telles qu'elle a besoin d'un certain temps pour retrouver sa force et son endurance physique, le risque d'une grave détérioration de la santé de la mère en cas de grossesse, présence chez la mère d'une maladie mentale ou physique entraînant l'incapacité à assurer ses devoirs maternels, espacement entre deux portées afin de ne pas léser l'allaitement du premier enfant… Il est nécessaire de souligner que la décision d'avoir recours à la contraception dans ces cas ne dépend pas du couple concerné. Elle doit se baser sur le diagnostique d'un médecin honnête, qualifié, de préférence ayant une inclinaison pour le dîne, et s'appuyant sur des preuves médicales établies. Cependant la peur de la pauvreté, la recherche de moyen de subsistance plus abondant, les ambitions professionnelles, les études, la préservation de la beauté corporelle ("garder la ligne") ne peuvent constituer des excuses valables. N'oublions pas qu'avec ou sans contraception, rien n'empêchera le décret divin de se réaliser. Si Allah a décidé de la naissance d'un enfant, aucune contraception ne pourra retenir sa décision. L'analyse des différentes méthodes… Les principes islamiques: Maintenant, si une personne souhaite, pour des raisons valables, recourir à la contraception, la méthode utilisée devra vérifier les principes suivants: • Les méthodes irréversibles ne sont pas autorisées sauf en cas de force majeure où la vie de la mère est en danger [(Qour'ane An-nissa 119), (Houjjatoul lahil baaligha p:356vol2),(Badaai'ous sanaa'ir' p311vol7), (Qaadhi Khaan p365vol7)] • Les méthodes réversibles intervenant après la fécondation de l'œuf ou la nidification ne sont pas permises [(AlMabssout Assarakhsi p51vol30; p87 vol26), (Masalato tahdidin nasl; Ramadan Al Bouty p76),(Raddoul Mouhtaar p519 vol5),(Ihyaa Oloumoud dîne; Al Ghazaali p51 vol2 ]. Lorsque les méthodes qui permettent la contraception avant la fécondation sont possibles, elles doivent être utilisées aux dépens de celles qui interviennent après la fécondation. Les différentes méthodes: La variété des méthodes contraceptives disponibles de nos jours est mentionnée ci-dessous. Pour faciliter la présentation, elle sera classifiée en trois catégories: les méthodes irréversibles, les méthodes réversibles préventives, les méthodes réversibles post- conception. a- Les méthodes irréversibles (permanentes): 1. La vasectomie chez l'homme: Il interrompt l'émission des spermatozoïdes. Le canal déférent est coupé ou lié après incision de la peau des bourses. 2. La ligature des trompes chez la femme: Cette procédure bloque les trompes et empêchent l'œuf et les spermatozoïdes de se rencontrer. Ces deux méthodes ne sont pas autorisées à moins qu'une autre grossesse mettrait en danger la vie de la femme. b- Les méthodes préventives: Elles empêchent la fécondation de l'ovule. 3. L'abstinence: ou éviter toute relation conjugale pendant un certain temps. Cette méthode est la meilleure et la plus efficace mais elle est évidemment désirée par le couple que pour une courte durée. 4. La méthode naturelle (méthode des températures, méthode de la glaire cervicale ou méthode de Billings): Elle permet de déterminer les phase féconde et inféconde par l'examination quotidienne de la température et de la glaire cervicale afin d'éviter toute relation pendant les jours féconds. Elle présente le moins d'effets secondaires et ne requiert pas l'assistance d'un médecin après la consultation initiale. 5. Le retrait ou la méthode du az'l : Voir plus haut. 6. Les spermicides: Ils comprennent des mousses, des gelées (ou crèmes), des ovules et des comprimés solubles à introduire dans le vagin. Ces produits associent un agent tensio-actif (qui modifie la perméabilité des membranes de la cellule et détruisent les spermatozoïdes) à un agent bactéricide. 7. Les préservatifs masculin ou féminin: Ils empêchent la libération de spermatozoïdes dans le vagin. 8. Le diaphragme: C'est une membrane de latex induit de spermicide sur un anneau métallique flexible posé au fond du vagin. Il tue les spermatozoïdes avant qu'ils n'atteignent l'ovule. 9. Les pilules oestroprogestatifs classiques combinés ou séquentiels et les oestroprogestatifs minidosés appelés minipilules et également micropilules: Ils associent un œstrogène à un progestatif à dose identique (combiné) ou variable (séquentielle). Ils agissent à trois niveaux: Ils bloquent la synthèse des hormones FSH et LH bloquant ainsi l'ovulation. Ils rendent la glaire épaisse, imperméable aux spermatozoïdes et l'endomètre (muqueuse interne de l'utérus dont l'élimination provoque les règles) atrophique impropre à la nidation. Ces pilules produisent de nombreux effets secondaires. On peut citer le risque de phlébite, l'action sur le métabolisme des lipides, les jambes lourdes, les seins gonflés, le risque d'hypertension artérielle et la prise de poids. Et en cas de surcharge en œstrogènes: nausées, vomissements, instabilité, céphalées (mal de tête), tension mammaire, sécrétion cervicale abondante, candidose... En cas de surcharge en progestatifs: état dépressif, céphalées à l'arrêt du traitement, sécheresse vaginale, apparition rare de tumeurs hépatiques… Les effets secondaires des séquentiels sont identiques à ceux des classiques mais favorisent aussi l'apparition ultérieure de cancer de l'endomètre. Les effets secondaires de la minipilule sont également identiques à ceux des pilules classiques mais sont moins importants. 10. Les pilules progestatifs purs: En traitement continu, ils ont surtout une action sur la glaire cervicale et sur l'endomètre mais ne bloquent pas l'ovulation. Ils sont donc moins sûrs et sont responsables de mastopathie (maladie du sein), mastodynie (douleur des seins), des irrégularités menstruelles, des aménorrhées en début de traitement… En traitement discontinu et en injection trimestrielle retard, les progestatifs macrodosés empêchent l'ovulation mais ont des effets secondaires importants ainsi que des saignements intermenstruels. Les nouveaux procédés tels le patch et les implants tombent dans la catégorie des pilules dans la mesure où ils agissent de la même façon c'est à dire par libération hormonale. Nous déconseillerons fortement l'utilisation des pilules ou hormones injectables contraceptives dans la mesure où leurs effets secondaires peuvent causer de sérieuses maladies et ils dérèglent bien souvent les cycles menstruels et provoquent des saignements imprévus compromettant fâcheusement l'état de propreté de la femme pour la Salaat et les Ibaadates. Par ailleurs, ces problèmes entraîneront l'exposition de la awrah (parties intimes) à un médecin. Rappelons que cela n'est autorisé, même devant une femme, que dans des cas de grande nécessité. Nous devons donc opter pour des alternatives lorsqu'elles sont disponibles afin d'éviter l'exposition illégale de notre awrah. En cas de nécessité, une personne devrait utiliser des procédés plus adéquats mentionnés ci-dessus (méthode naturelle, préservatif…). c- Les méthodes post-conception: Elles interviennent après la fécondation de l'ovule. 11. Le stérilet: Les stérilets (DIU) sont des objets de petite taille destinés à être placés à l'intérieure de l'utérus. Pour augmenter leur pouvoir d'action, du cuivre, de l'argent, de la progestérone ont été ajoutés. Son mécanisme d'action est encore mal élucidé. Ce dispositif est un contragestif qui empêche la nidification de l'œuf fécondé dans l'utérus. Selon certains médecins, il est possible qu'il entraîne une absence d'ovulation induit par une réponse ("feedback") à la présence d'un corps étranger dans l'utérus. 12. La pilule du lendemain et le RU486 (formes injectables): Ce sont des abortifs chimiques qui interceptent l'ovule fécondé dans les 72h après un rapport. Ces méthodes de contraception ne sont pas autorisées du fait qu'elles interfèrent avec le développement de la gestation après que l'ovule ait été fécondé. CONCLUSION: L'Islam encourage l'établissement d'une vie familiale stable et solide. Cette famille élèvera des enfants qui hériteront du message d'Allah et établiront les lois et les commandements d'Allah sur terre. Le recours à un planning familial n'est pas d'emblée autorisé par l'Islam : Il est conditionné en premier lieu aux intentions des intervenants, puis à la méthode utilisée et aux conséquences médicales impliquées. En choisissant une méthode de contraception, une personne doit toujours considérer son aspect moral. La moralité en Islam est une priorité première qui ne peut supporter de compromis. Si la méthode entraîne un mal quelconque à l'époux ou à l'épouse, l'Islam ne l'autorise pas. Nous nous devons de préserver ce bienfait divin de la procréation ; personne ne connaît les conditions futures. Aucun mal non plus ne doit atteindre le fœtus potentiel crée. Si notre intention est la peur de la dégradation de notre environnement et de notre position matérielle, ou la peur d'être déjà pauvre, sachez qu'Allah a assuré l'approvisionnement matériel à travers la venue d'un nouvel enfant (Qour'aan 17:31/6:151). Pour terminer, il est recommandé qu'avant de choisir une méthode, le couple devrait consulter un médecin musulman pratiquant et intègre et également un Âlim compétent. Après cette consultation, il devrait se tourner vers Allah pour obtenir son aide, accomplir la Salat Haajah ou la Salah Istikhaarah. Allah ne laissera jamais le couple sans guidée, surtout lorsque la vie humaine est en jeu. (Wallahou aalam !) Moufti Louqman A. S. Ingar |
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