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Écrit par Cheik Ismael Mamode   

Le savoir-vivre


* Définition de l’homme pieux en Islam


Dans le verset du Qourâne que nous avons récité au début de notre intervention, Allah Taala dit :


« Certes, les pieux seront dans les délices du Paradis. »


« Quant aux pervers, ils seront dans la braise de l’Enfer. »


Dans le Hadice, le Prophète (saw) dit :


« Le véritable musulman est celui dont les musulmans sont à l’abri des méfaits de sa langue et de ses mains. »


Nous estimons que ce verset coranique et ce Hadice sont à eux seuls largement suffisants pour celui qui a une foi sincère et une bonne volonté de se conformer aux directives de l’Islam.


A travers ce verset et ce Hadice, nous voyons combien le bon comportement et la bonne conduite envers les gens et envers les créatures d’Allah Taala sont des éléments importants.

 

Si nous avons choisi ce verset du Qourâne, c’est parce qu’Allah Taala parle des pieux. Dans notre société, certaines personnes donnent une description fausse de l’homme pieux et une interprétation erronée de la piété.


Certains croient et pensent que la personne pieuse est celle qui s’adonne uniquement aux Ibadates et observent scrupuleusement les piliers de l’Islam tels que la Salah, le jeûne du Ramadan, la Zakah et le Hadj.


Le musulman qui respecte uniquement les droits d’Allah Taala sans se soucier des droits d’autrui est un homme à moitié pieux. Il n’est pas complètement pieux.


Inversement, si un musulman se comporte bien envers les gens sans toutefois respecter les droits d’Allah Taala, il est aussi à moitié pieux. Ni l’une ni l’autre n’est loué dans le Qourâne et les deux y sont blâmés.

En effet, la personne pieuse est celle qui réunit en elle ces deux choses : le respect des droits d’Allah Taala et le respect des droits de Ses créatures.


Voilà pourquoi il est nécessaire de rectifier la description de l’homme pieux et de revoir la définition de la piété.


* Le fond de nos Ibâdates

La devise de l’Islam que nous apercevons à travers les rites cultuels est simple et unique : les croyants adorent Allah Taala en vue de Lui faire plaisir et au profit de Ses créatures.


Si un croyant adore Allah Taala, mais déteste Ses créatures, nous dirons qu’il adore Allah Taala en apparence. Il se contente d’accomplir la forme des Ibadates, sans tenir compte de son fond et son contenu.


Il est vrai que la forme des Ibadates, que le Prophète (saw) nous a enseigné pour la Salah, le jeûne, la Zakah, le Hadj ou la lecture du Qourâne, est très importante. Certaines formes sont mêmes Faraz (obligatoires).


Cependant, le devoir du musulman ne consiste pas seulement d’accomplir la forme de ses obligations religieuses. Il lui revient aussi d’atteindre le fond de ses obligations. Par exemple, il doit effectuer la Salah pour adorer son Seigneur, mais il doit aussi chercher à améliorer son comportement envers les créatures d’Allah Taala, car la Salah empêche la turpitude et le blâmable.


En effet, chaque fois qu’Allah Taala nous parle d’un pilier de l’Islam, Il attire notre attention vers la forme et le fond. En feuilletant le Qourâne de la première à la dernière page, nous remarquerons qu’Allah Taala ne se contente pas d’évoquer uniquement la forme de la Salah, du jeûne, du Hadj ou de la Zakah, mais Il nous explique également en vue de quoi Il les a institué.


* Le fond de la Salah


Arrêtons-nous un instant pour réfléchir sur ce qu’Allah Taala dit à propos de la Salah :


« Accomplis la Salah,


car la Salah empêche la turpitude et le blâmable. »


Il ne se contente pas de nous ordonner l’accomplissement de la Salah, mais Il nous fait savoir également que celle-ci est un moyen très efficace pour nous éloigner de ce qui est blâmable et reprochable dans la société.



* Le fond de la Zakah


De même, quand Allah Taala nous parle de la Zakah, Il dit :


« Prélève des biens des gens la Zakah qui les purifiera et les embellira. »

Il ne se contente pas de nous ordonner le prélèvement d’un pourcentage de biens de notre poche, de notre tiroir ou de notre, mais Il nous fait savoir que cela va nous purifier de nos mauvaises habitudes et va nous embellir par la noblesse de caractère. Ce n’est donc pas pour la forme uniquement, pourtant obligatoire, que nous devons donner la Zakah. En réfléchissant profondément, nous verrons que par cette forme, Allah Taala veut faire naître dans notre cœur les sentiments de bonté, de bienfaisance et de familiarité envers les autres.


Le croyant doit donc donner de sa main pour embellir son cœur. Voilà la finalité et le fond de la Zakah.

Quant à celui qui donne la Zakah avec sa main droite et frappe son prochain avec sa main gauche, alors celui-là n’a rien compris pourquoi il donne. Il fait partie des gens qui se contentent de la forme et oublient l’essentiel.


* Le fond du jeûne du Ramadan

Aussi, lorsqu’Allah Taala nous parle du jeûne du Ramadan, Il dit :


« O les Croyants ! On a rendu le jeûne obligatoire sur vous comme cela a été pour ceux qui sont venus avant vous afin que vous deveniez pieux. »

Pourquoi Allah Taala a t-Il institué le jeûne ? En vue de quoi nous ordonne t-Il de rester affamés, assoiffés pendant un laps de temps de la journée : du Soubhé-Sadiq au coucher du soleil ? Allah Taala est-Il devenu cruel. Avait-Il peur que son stock de subsistance ne s’épuise ?


Alors pourquoi nous a t-Il recommandé de jeûner ? Nous pourrions penser qu’Il avait besoin de notre faim et de notre soif. Pas du tout ! Nous devons comprendre que le jeûne n’est pas simplement une privation du manger et du boire. Cette privation temporaire de nourriture est un moyen par lequel Allah Taala veut nous amener vers une privation beaucoup plus méritoire et plus sublime.


En été, à la Réunion, nous jeûnons près de 15 heures par jour pendant le mois de Ramadan. Nous éprouvons alors les douleurs de la faim et les souffrances de la soif. En nous ordonnant de demeurer ainsi affamés et assoiffés, Allah Taala veut faire naître en nous des sentiments de bonté et de bienfaisance envers notre prochain. En effet, c’est en état de jeûne, que nous pouvons prendre véritablement conscience des souffrances des gens dans le monde qui n’ont rien à manger et à boire. Et nous comprenons mieux alors quelle douleur ils supportent dans la faim et la soif. Quand cette conscience fait son apparition en nous, il y a quelque chose de bien qui se créé dans notre cœur, n’est-ce pas ? Ainsi, grâce au jeûne, les croyants font preuve de compassion, de douceur et d’un bon comportement envers les créatures d’Allah Taala. Telle est donc la finalité du jeûne. }


Le Prophète (saw) nous met en garde contre le fait de jeûner pour la forme : « Nombreux sont les jeûneurs qui ne récoltent que la faim et la soif. »


Il fait allusion ici des gens qui croient que le jeûne consiste simplement à rester affamé et assoiffé pendant un laps de temps de la journée. Comme si Allah Taala a besoin de la faim du jeûneur. Allah a effectivement rendu obligatoire le fait de rester affamé et assoiffé durant le jeûne, mais il ne faut pas s’arrêter à la forme.


Par le jeûne, le musulman doit chercher autre chose que la faim et la soif et développer en lui les sentiments de bonté envers ceux qui ont faim et soif. Voilà pouquoi Allah Taala a institué le jeûne. Sa finalité est l’acquisition de la piété.


* Le fond du Hadj

Nous pouvons également vérifier les versets ayant traits au Hadj et nous serons encore surpris de ce qu’Allah Taala nous affirme :


« Quant à celui qui décide de faire le Hadj pendant les mois du pèlerinage, alors il ne doit plus s’approcher de son épouse, s’adonner à des perversités et à des disputes. »


Allah Taala nous dit que le Hadj n’est pas un simple voyage vers un lieu sacré. Il ne suffit pas d’acheter son billet d’avion pour la Mecque, de s’y rendre avec sa famille après avoir bouclé les valises et puis de s’en retourner. Non ! Le hadj est un voyage qui permet le croyant d’améliorer son attitude envers les créatures d’Allah Taala. N’a-t-Il pas dit en ce sens : « Ne faites pas des perversités et ne vous disputez pas avec les gens. Faites plutôt preuve de patience. » Il nous demande donc d’être compatissants et miséricordieux avec les gens lorsque nous accomplissons le Hadj. Par le biais de ce voyage, Il veut cultiver en nous, les croyants, le sentiment de bonté, le bon comportement et la noblesse de caractère.


* Devise de l’Islam : adore Allah pour aimer Ses créatures


Celui qui lira attentivement le Qourâne, celui-là apercevra que dans l’institution de chaque pilier de l’Islam, Allah Taala met en évidence cette devise : « Adore Allah pour aimer les gens ».

 



Nous adorons, certes, Allah Taala parce que nous L’aimons, mais Lui-même veut que cette adoration créer en nous l’amour à l’égard de Ses créatures.



Le Prophète (saw) a dit :



« Les créatures sont la famille d’Allah. »



Quand nous aimons quelqu’un, nous aimons aussi sa famille. Ou encore : lorsque nous aimons une personne, nous aimons aussi ses enfants.


De même, adorer Allah, c’est Lui prouver que nous L’aimons. Et si nous L’aimons sincèrement, nous devons aimer également Ses créatures qui n’oublier pas forment Sa famille.



* Signification de « Sa famille »



Je vous rappelle, en passant, qu’Allah Taala n’a pas véritablement de famille. Mais s’Il a qualifié Ses créatures de « Sa famille », c’est uniquement pour nous montrer toute l’affection qu’Il porte à Ses créatures.



Allah Taala n’avait-il pas qualifié Issâ de « Son fils » ? Cela ne signifiait pas pour autant que Issâ était Son fils réel et véritable. C’était tout simplement une image qu’Il avait voulu donner aux gens pour leur montrer l’affection qu’Il portait à Issâ. Mais les chrétiens n’ont pas compris cela ; ils n’ont pas compris qu’il s’agissait d’une image et d’une métaphore. Ne faisons donc pas la même erreur que les Chrétiens. En qualifiant Ses créatures ainsi, Il a voulu nous dévoiler Sa compassion envers elles. Parce qu’Il les aime, nous devons aussi les aimer.



Je viens de vous exposer brièvement la finalité et le pourquoi de l’institution des piliers de l’Islam à travers le Qourâne : adorer Allah Taala pour aimer Ses créatures.



* Lien entre Imâne et la noblesse de caractère



En feuilletant les Hadices, nous constaterons qu’il y a un lien indissociable entre notre foi (Imâne) et la noblesse de caractère.

A propos de la pudeur qui est un très noble caractère et un diamant précieux embellissant la sœur musulmane, le Prophète (saw) dit : « La pudeur et la foi est un couple indissociable. Si la pudeur disparaît, la foi disparaîtra et si la foi disparaît, la pudeur disparaîtra. »

Ce sont bien les paroles du Prophète (saw) et non les miennes. Interprétons-les comme bon nous semble, mais ce qu’il a dit est clair et sans équivoque.

Ce Hadice nous montre donc qu’il existe bien un lien très étroit entre la foi (Imâne) et la noblesse de caractère.

* L’importance du bon comportement envers le voisin

Me vient à l’esprit, à l’instant même, un Hadice du Prophète (saw):

Un jour, alors qu’il discutait avec ses Compagnons du bon comportement, il était légèrement appuyé contre quelque chose, quand soudain il s’est redressé. Ce geste était un signe d’alarme pour montrer l’importance de ce qu’il allait dire. Il s’écria : « Par Allah, n’est pas croyant ! Par Allah, n’est pas croyant ! Par Allah, n’est pas croyant ! » Les Sahabas s’inquiétèrent en entendant le ton grave du Prophète (saw) et sa façon d’énoncer ce jugement sévère. Ils l’interrogèrent sur-le-champ pour savoir de qui il s’agissait. Et ce, parce qu’ils ne voulaient pas faire partie de cette catégorie de gens.

Aujourd’hui, quand nous posons une question, elle vise davantage notre prochain et non nous-mêmes. Nous cherchons souvent à corriger les défauts des autres par nos questions et jamais les nôtres. Or, les Sahabas avaient cette admirable habitude de demander pour eux-mêmes. Qu’Allah nous fasse donc comme eux. C’est un sujet auquel nous y reviendrons. Ne brûlons pas les étapes !

Le Prophète (saw) s’écria en trois fois : « Par Allah, n’est pas croyant ! » Quand les Sahabas le questionnèrent pour savoir de qui il s’agissait, il donna une réponse composée de quelques mots : « C’est celui qui nuit à ses voisins. »

Le condamné en question n’est donc autre que celui qui cause du tort à ses voisins. Un tel homme ne mérite pas d’être qualifié de « croyant » et ne mérite pas d’être sur la liste des croyants.

* La gravité de léser les droits d’autrui

En général, nous prenons à la légère le fait de frapper une personne, de lui adresser des mots grossiers ou encore de blesser son cœur. Pourtant, cette personne est une créature d’Allah Taala. Cette personne est un individu à part entière.

Mon frère et sœur en Islam ! Tu te trompes, quand tu penses que la personne que tu as blessée est sans importance. Tu risques gros quand tu prends à la légère ta transgression au droit d’autrui. Tu t’exposes à un grand péril quand tu négliges les droits de ton prochain. Dans un Hadice que j’évoquerai un peu plus loin, on nous indique clairement qui est l’homme et la femme pieux.

* Fatwâ du Prophète (saw) à propos d’une femme

Je profite de la présence de nos sœurs dans cette assemblée pour citer le Hadice, car il s’agit de l’histoire d’une femme. Que chacun d’entre nous se souvienne toujours de ce Hadice.

Les Sahabas évoquèrent le cas d’une femme devant le Prophète (saw) et cita ses qualités en ces termes : elle prie durant toute la nuit et jeûne toute la journée, mais elle ne cesse d’incommoder ses voisins, de les insulter et d’avoir de mauvaises manières avec eux. »

« O Rassouloullah ! Nous voudrions savoir quel est ton Fatwâ à propos de cette femme. Elle prie et jeûne, mais elle n’a pas un bon comportement envers ses voisins. »

Le Prophète (saw) prononça un Fatwâ à propos de cette femme que nous aurions considérée comme une femme pieuse parce qu’elle prie jour et nuit. Ecoutez et regardez quel jugement le Prophète (saw) réserve à une femme qui prie jour et nuit, mais qui n’a pas de noblesse de caractère, ni un bon comportement. En d’autres termes, une femme qui n’a pas le savoir-vivre. Le Prophète (saw) prononça une phrase simple comportant uniquement un sujet, un verbe, un complément : « Elle ira en enfer. » Voilà quel a été le Fatwâ du plus grand moufty que la Terre ait connu !

* Les Ibâdates sont importantes mais insuffisantes

Voilà pourquoi, je répète et j’insiste : - Ne cherchez pas à mal interpréter mes propos. Incha’Allah Taala, j’essaierai de ne pas en vous donner l’occasion – « Les adorations, les Ibadates que nous faisons sont vraiment très importants, mais ils ne sont certainement pas suffisants pour assurer notre salut dans l’Au-delà. »

Attention ! Ne dîtes pas ce que je n’ai pas dit. Je ne vous ai pas dis qu’il n’y a aucun mal si vous délaissez la Salah ou le Roza au cas où vous n’auriez pas un bon comportement. Non ! N’interprétez pas mes paroles de façon erronée. Je dis seulement que les Ibadates, les Salah, les Rozas et les autres actes d’adoration sont vraiment très importants, mais qu’ils ne sont certainement pas suffisants. On ne peut être plus clair, n’est-ce pas ?

* L’homme ruiné et failli

Et je confirme ce que je viens de dire par un Hadice de Rassouloullah (saw). Il s’adressa une fois aux Sahabas en leur posant une question très importante : « Qui est l’homme ruiné et miséreux ? » Ils lui répondient simplement : « C’est celui qui n’a ni sous ni argent ou qui l’a tout perdu. » Il leur expliqua alors : « Pas du tout ! Vous vous trompez ! Votre vision des choses est encore limitée. Le véritable homme ruiné, c’est celui qui se présentera, le jour de Quiyâmah devant le Tribunal d’Allah Taala, avec un grand nombre de Salah, de Roza, de Zakah, de Hadj, de Oumrah et de lecture du Qourâne. Ce jour-là, ce croyant sera fier de ses Ibadates et pensera qu’il récoltera la réussite sublime et le triomphe suprême.Il songera que la Balance de ses bonnes actions pèsera très lourde. C’est alors que les gens viendront de toutes parts. L’un dira : « O Allah ! Tu as promis qu’aujourd’hui c’est le jour de la justice ; c’est le jour de la compensation ; c’est le jour de la réparation. Ce croyant m’avait causé du tort sur terre. Puis un autre viendra et dira : « Celui-là m’avait frappé sur terre. » Un autre encore viendra et dira : « Celui-là m’avait volé sur terre. » Un autre viendra et dira : « Celui-là m’avait calomnié. » Un autre viendra et dira : « Celui-là m’avait blessé le cœur ». Toutes ses victimes se présenteront l’une après l’autre sans que le coupable ne puise dire quoi que ce soit. Allah Taala affirmera alors : « Aujourd’hui est effectivement un jour de justice. Il faut donc réparer et compenser les injustices commises sur terre. »

Mes frères et sœurs ! Avec quoi pourrons-nous réparer nos injustices ce jour-là ? Quelle richesse devrons-nous payer pour compenser nos méfaits ? Dans le Ahrirate, ni l’Euro, ni le Dollar n’auront cours ! Il faudra donc payer avec nos richesses de Ibadates.

Pour compenser une injustice commise sur une créature d’Allah Taala, combien de Salah nous demandera t-on ? Seul Allah Taala le connaît et Il sera le seul qui le déterminera. Combien de Roza faudra t-il donner pour réparer une un tort causé à quelqu’un ? Bref, Allah Taala demandera à ce croyant de donner ses Ibâdates pour réparer ses torts.

Ecoutez la suite du Hadice ! Comme c’est catastrophique. Il donnera ses Ibâdates à ses victimes jusqu’à l’épuisement total de sa richesse. D’autres victimes viendront et réclameront justice, mais le coupable est ruiné et ne possède plus des Ibâdates Allah Ta’ala dira alors : « Comme tu n’as plus rien pour compenser tes méfaits, on fera l’opération inverse : tu prends les péchés de tes victimes et tu répares ainsi tes méfaits. »

Finalement, il sera expédié en Enfer et tous ses Ibâdates se sont avérés insuffisantes pour assurer son salut.

Voilà l’homme qui sera ruiné et fera faillite le jour de Quiyâmah ! Il viendra avec une certaine réjouissance et fierté à cause du grand nombre de ses Ibâdates, mais il les perdra tous à cause de ses méfaits à l’égard des autres.

* Les torts causés = dettes

Je répète : les Ibâdates que nous accomplissons sont très importants, mais ils ne sont pas suffisants pour assurer notre salut. Si, d’une part, nous adorons Allah Taala et que, d’autre part, nous causons du tort à Ses créatures, nous serons alors comme ce commerçant qui a un million de marchandises dans son magasin, mais deux millions de dettes sur ses épaules. Tout le monde le voit riche, alors qu’en réalité il ne l’est pas.

* Les signes apparents de la piété ne suffisent pas

Il se peut que tout le monde nous qualifie d’hommes pieux parce que nous avons une « grosse marque de Salah » sur le front ; que tout le monde nous dit pieux parce que nous avons une grande barbe ; que tout le monde nous voit pieux parce que nous portons un long Djellaba ; que tout le monde affirme que nous sommes des pieux parce que nous pratiquons bien les piliers de l’Islam ; que tout le monde prétend que nous sommes pieux parce que nous faisons le Oumra et le Hadj tous les ans, mais que nous ne soyons pas sur la liste des hommes pieux auprès d’Allah Taala pour la simple raison que nos torts et nos injustices envers notre prochain dépassent nos Ibâdates en gravité et en nombre.

Si, malgré nos adorations, nous ne cessons pas d’incommoder les créatures d’Allah Taala, de blesser leur cœur et de leur causer du tort, nous allons nous retrouver dans le même cas de celui qui a un million d’euros en poche, mais deux millions de dettes. Si tout le monde dit que nous sommes des hommes pieux, cela ne suffit pas. Il faut que nous les soyons dans la cour de notre Créateur.

Comme nous respectons les droits d’Allah Taala, respectons aussi les droits de Ses créatures. Mais, malheureusement, le respect des droits de notre prochain, le bon comportement et le savoir-vivre dans notre société est considéré aujourd’hui comme un luxe ou un superflu dont nous pouvons nous en passer.

* Propos erronés des gens

Il arrive souvent d’entendre certaines personnes dire : « Nous adorons Allah Taala, nous faisons notre Salah, nous gardons le jeûne du Ramadan, nous nous acquittons de la Zakaah et nous avons déjà fait notre Hadj. Il nous est donc permis maintenant de faire n’importe quoi à n’importe qui dans la vie. » Qu’Allah nous préserve de cette catégorie de personnes. En effet, ils pensent que leurs Ibâdates suffisent et ne se soucient guère des droits d’autrui.

Ils prétendent qu’ils n’ont rien à se reprocher même s’ils causent du tort aux autres. Nous pouvons leur demander pourquoi ils adorent Allah Taala. Ils nous diront certainement que parce que cela Lui plaît. Réfléchissons un instant : celui qui adore Allah Taala pour Lui faire plaisir, n’a t-il pas encore compris que le respect des droits d’autrui fait aussi plaisir à Allah Taala. Cela implique que le fait d’adorer Allah Taala doit nous amener à aimer Ses créatures.

Le bon comportement et la bonne conduite dans la société ne sont donc pas un luxe dont on peut s’en passer, et encore moins, une fantaisie.

* Le terme « gens » à la place de « musulmans » est volontiers

Vous avez sûrement remarqué que je n’utilise que les mots « les gens », « les autres » ou « autrui » lorsque je parle des droits d’autrui. Cela est volontaire. J’évite employer le mot « frères » parce qu’il y des personnes qui tiennent ce genre de raisonnement : il faut être bien uniquement avec les musulmans. Et pour ce qui est des non-musulmans, on peut les rabaisser, les voler, les tromper, les écraser et agir envers eux de n’importe quelle manière. Non, mes frères et sœurs en Islam ! Est-ce le diable qui a créé les non-musulmans ? ! Eux aussi sont des créatures d’Allah Taala.

Voilà pourquoi, depuis le début de mon discours, j’utilise les termes « les gens », « les autres » ou « autrui ».

* L’homme le plus aimé d’Allah Taala

Le bon comportement et la bonne conduite dans la société sont donc des éléments nécessaires dans la religion. Les Hadices du Prophète (saw) sont là pour le confirmer.

Un jour, un homme demanda au Prophète (saw) : « Qui est l’homme le plus aimé d’Allah ? »

Savez-vous quelle a été la réponse du Prophète (saw)? Sa réponse a été brève et concise. Elle se résume en deux mots :

« Celui qui a le plus bon comportement avec les gens. »

* L’homme le plus proche du Messager d’Allah (saw)

Une autre fois, un homme lui posa la question suivante : « O Messager d’Allah ! Qui sera l’homme le plus proche de toi le jour de Quiyâmah ? »

Sa réponse fut la même :

« Celui qui aura le meilleur comportement avec les gens »

* Le meilleur homme

Une fois encore, un homme lui demanda qui est le meilleur homme sur terre. Il donna la même réponse :

« Celui qui aura la meilleure attitude avec les gens »

* L’homme qui a l’Imâne le plus parfait

Pour mettre plus d’emphase sur l’importance du savoir-vivre, de l’éthique et de la noblesse de caractère, je conclurai en citant ce Hadice où le Prophète (saw) dit :

« Le musulman qui a la foi la plus parfaite et l’Imâne le plus complet est celui qui a le meilleur comportement avec les gens. »

* L’action qui pèsera le plus lourd

Vous avez sûrement déjà entendu parler de la Balance du Jour de Quiyâmah avec laquelle se fera la pesée des actions de l’homme. Le Prophète (saw) a pris le soin de nous informer qu’elle existe, que nos actions y seront placées. Savez-vous quelle est l’action qui sera la plus lourde dans cette Balance ? On posa cette question au Prophète (saw), et vous serez peut-être grandement étonné d’entendre que ce n’est pas la Salah, ni le jeûne du Ramadan, ni le Hadj qui seront les plus lourdes. Attention ! Il ne s’agit pas de minimiser ces actes d’adoration. Je veux vous faire comprendre qu’il ne faut pas s’arrêter à la forme et à l’apparence de ces actes. Il faut viser plus loin.

Le Prophète (saw) nous informe donc que ce n’est pas la Salah, ni le jeûne, ni le Hadj qui seront les actions les plus lourdes dans la Balance, mais que c’est plutôt leur fruit et leur objectif qui sera l’action la plus lourde. En d’autres termes, c’est le bon comportement avec les gens et la noblesse de caractère qui pèsera le plus lourd.

* Dou’â quand on se regarde dans un miroir

Tous les matins, lorsque nous nous réveillons, nous faisons notre toilette, nous nous brossons les dents, nous lavons notre visage, nous nous maquillons face à un objet qu’on appelle miroir.

Lorsqu’on se regarde dans un miroir, le Prophète (saw) nous a enseigné un dou’â que la majorité d’entre nous ne connaît pas. Si certains d’entre nous le connaissent, ils le récite au bout des lèvres sans chercher à connaître sa traduction et sa signification.

Ce Dou’â est le suivant :

« O Allah, comme tu as embellis mon visage, embellis aussi mon comportement envers les gens. »

Faisons ce Dou’â tous les matins afin qu’Allah Taala dirige nos pas dans le droit chemin et nous aide à devenir bons envers les gens dans la journée.

Evitons donc de contredire ce que nous exprimons à Allah Taala tous les matins au réveil.

* Quand tu meurs, les gens te pleurent

Aussi, le savoir-vivre ne doit pas être observé seulement pendant le mois de Ramadan. Le savoir-vivre est un ingrédient nécessaire du musulman et un élément quotidien du musulman pendant toute sa vie. Il doit être quelque chose d’inséparable du musulman.

Un Saint disait admirablement : « Vis sur terre de telle manière que lorsque tu meurs, les gens te pleurent. Cela parce que tu étais un homme de bien et source de bien pour eux. »

Qu’Allah Taala ne nous fasse pas entendre ce témoignage des gens au moment de notre mort : « Bon débarras ».

Quand une personne meurt et que les autres la pleurent, ces pleurs se transforment en des ruisseaux paradisiaques pour le défunt. Ils sont très estimés et pèseront très lourd dans la Balance.

Celui qui veut savoir lequel d’entre nous est un homme du Paradis, il lui suffit de vérifier les témoignages des gens en faveur du défunt.

Frères et sœurs en Islam ! Si à ta mort, les gens disent : « Bon débarras », tu risques gros. Parce que comme les pleurs des gens sont des témoignages en ta faveur, ces mots : « bon débarras » est un témoignage contre toi dans la cour d’Allah Taala.

* Ne causons pas du tort, même à une fourmi

Vivons de telle manière sur terre qu’il nous est impossible de causer du tort, même à une fourmi.

Lorsqu’on demanda à un Saint de l’Islam : « Qui sont les hommes pieux en Islam ? » Il répondit :

« Les hommes pieux sont ceux dont la désobéissance à Allah Taala ne leur plaît pas et qui ne causent pas du mal à une infime créature d’Allah comme la fourmi. »

* Ne causons pas du tort par notre apparence

Vivons dans ce monde de telle manière que nous ne causions pas du tort à qui que ce soit, même par notre tenue et apparence. Il faut que chacun de nous aie une tenue respectable afin de ne pas incommoder son prochain. Il nous arrive parfois d’être mal habillé, de ne pas se peigner les cheveux, de ne pas prendre soin de notre barbe et de se présenter devant notre conjoint avec un corps dégageant des mauvaises odeurs, de quoi faire naître du dégoût dans le cœur de l’autre.

Quand nous allons au travail, ah ! là, nous nous faisons élégants. Nous portons une tenue correcte et soignée pour recevoir les clients. Mais, une fois à la maison, on enfile le pyjama qui date de plusieurs années ! Devant notre conjoint, nous nous présentons comme ça : en pyjama ; et devant les clients, en costume cravatée !

Par notre apparence négligée, nous causons du tort à notre conjoint.

Quant à la femme à la maison – même si on admet que c’est elle qui s’occupe des tâches ménagères – elle ne doit pas négliger sa tenue vestimentaire. Soyez plus coquette, plus présentable et plus belle, même chez vous. Habillez-vous de manière à ce que votre mari ait envie de vous voir et de vous admirer. Ne donnez pas l’impression d’être comme une bonne dans la maison, mais comme une maîtresse.

Quand vous sortez de chez vous, vous vous faites belles et élégantes ! Tous les regards se tournent vers vous ! Mais quand vous êtes chez, vous devenez la bonne des bonnes.

Ainsi donc, par notre apparence, nous causons du tort à notre conjoint sans que nous soyons vraiment conscient de cela.

Cette négligence vestimentaire est malheureusement considérée comme des choses insignifiantes dans notre société. Or ce sont elles, les étincelles qui détruisent les foyers actuels.

Quand un incendie ravage toute une forêt, vous croyez que quelqu’un y a mis une tonne de feu ? Non, ce ravage provient d’un mégot de cigarette. C’est une étincelle qui est à l’origine de n’importe quel grand feu. Dans un couple et un foyer, c’est pareil : ce sont des étincelles qui se transforment en dégât catastrophique. Cherchons à améliorer notre tenue chez nous afin d’éviter les situations irréparables.

La fondation de la vie conjugale doit être solide, sinon elle ne pourra pas supporter le bâtiment qu’on a l’intention de construire. N’oublions pas que l’une des bases fondamentales dans la vie conjugale consiste à plaire son conjoint par son apparence et sa tenue.

Si Allah Taala a fait pousser des cheveux sur notre tête, il faut en prendre soin. Et si Allah Taala nous a donné les moyens, achetons des shampooings pour améliorer notre chevelure et lui octroyer une bonne odeur.

Si nous transpirons souvent et que, sous nos aisselles, se dégage une mauvaise odeur, utilisons les déodorants sans alcool pour l’éliminer. Utilisons nos moyens financiers et ne nous montrons pas avares ! D’autant plus qu’il existe toutes sortes de déodorants pour dissimuler les mauvaises odeurs.

Je citerai volontiers l’exemple des gros fumeurs. Ils devraient penser un peu à leur conjoint qui ne cesse d’être incommodé par la mauvaise haleine qui sort de leur bouche. Ils devraient se rincer la bouche ou se brosser les dents à chaque fois qu’ils rentrent chez eux et qu’ils parlent à leur conjoint. Ils ne sont pas conscients et ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de faire souffrir leur partenaire et leur causer du tort. Se montrer attentif et prendre soin de son conjoint fait aussi partie de la noblesse de caractère. C’est une des directives importantes de l’Islam dans la vie du couple ! Ce ne sont des directives venant de Victor Hugo ou d’un autre philosophe. C’est le Messager d’Allah (saw) qui nous donne ce genre de directives pour notre bien-être dans ce monde et dans l’Au-delà !

Ne causons pas du tort à notre conjoint et à ceux qui sont dans la Masdjid et dans la société. Habillons-nous correctement et ayons une tenue respectable quand nous venons faire la Salah cinq fois par jour. Si nous sommes des gens qui transpirent beaucoup et que notre corps laisse une odeur nauséabonde, alors prenons un bain pour l’éliminer avant de venir à la Masdjid, car il n’y a pas pénurie d’eau.

Je le dis ouvertement. Il n’y a pas pénurie d’eau ici et nous ne sommes pas dans le désert. Que chacun d’entre nous prend soin de son corps afin de ne pas causer du tort à son compagnon ou voisin par ses mauvaises odeurs. Autrement, ce serait un manque de savoir-vivre en Islam.

Aussi, quand nous venons à la Masdjid, c’est pour prier Allah Taala et non pour faire du mal aux gens.

* Venons à la Masdjid pour prier et non pour critiquer les autres

Je dirai au passage que nous ne devrons pas passer notre temps dans la Masdjid pour critiquer les autres en leur adressant des propos blessants et humiliants. De dire par exemple à son frère : « Toi, tu es quelqu’un qu’on ne voit qu’une ou deux fois dans l’année à la Masdjid. Toi, tu n’y viens qu’à des grandes occasions ou quand il y a une Salah de Djanazah. » Arrêtons de dire n’importe quoi et cessons de juger les gens dans la Masdjid, car nous y venons pour prier et non pour juger les autres. Laissons cette fonction à Celui à qui elle revient de droit : à Allah Taala.

* Comparaison des gens qui cherchent les défauts des autres

Allah Taala nous a envoyé sur terre comme acteur et non comme juge et spectateur. Nous ne sommes pas là pour chercher les défauts des gens, pour les dévoiler et pour les critiquer, mais pour adorer notre Seigneur.

Ali ® avait coutume de dire : « Les gens qui ont l’habitude de chercher les défauts des autres sont comme les mouches bleues toujours à la recherche des excréments. »

* Mérites des gens qui cachent les défauts des autres

Et souvenons-nous souvent de ce que le Messager d’Allah (saw) a dit dans ce Hadice : « Celui qui cache les défauts de son frère sur terre, Allah cachera les siens dans l’Au-delà. » Si nous dévoilons les défauts des autres sur terre, Allah dévoilera les nôtres dans l’autre monde.

* Personne n’est exempt de défauts

Nous avons, nous-mêmes, tellement de défauts que nous ne devrions pas avoir le temps de chercher ceux des autres et, encore moins, de les dévoiler. Qui d’entre nous peut prétendre être exempt de tout défaut ? Celui qui l’audace d’avoir cette prétention, qu’on l’amène afin qu’on lui offre une récompense de deux millions d’euros. En ce moment, Hyper Crack nous offre 70 000 euros pour un jeu. Nous, nous lui donnerons beaucoup plus, parce qu’il prouve qu’il n’est plus un homme et approuve qu’il est un ange.

Aussi, celui qui prétend être parfait est le plus grand des imposteurs. En effet, aucun homme sur terre n’est exempt de défaut, sauf les Prophètes.

Et celui qui prétend être exempt de défauts est l’un des plus grands pêcheurs. Cela parce qu’il possède en lui un des plus grands défauts : l’orgueil. Prétendre être parfait relève de l’orgueil.

* Chercher à aider notre frère et non le rabaisser

Quand nous constatons un défaut chez quelqu’un, cherchons immédiatement ses qualités et ses vertus ou aidons-le à s’en débarrasser par des conseils appropriés et sincères.

Un jour, le Prophète (saw) recommanda aux Sahabas : « Aidez l’opprimé ! » Ils lui promirent de le faire. Il leur conseilla ensuite : « Aidez aussi le « Zalim » l’oppresseur. » Ils lui adressèrent alors cette remarque : « Nous comprenons l’idée d’aider un opprimé, mais aider un oppresseur est complètement incompréhensible.» Il leur répliqua : « Aidez-le à se débarrasser de son injustice. »

Allons vers notre frère et aidons-le à se débarrasser de ses défauts, plutôt que les dévoiler et les divulguer. Si nous ne pouvons pas faire cela, alors gardons le silence. Car, si nous dévoilons les défauts de notre frère en s’appuyant sur de rumeurs infondées et sans l’aider à s’en débarrasser, nous devenons souvent pires que lui.

Ecoutez bien : nous devenons pires que lui.

Voilà pourquoi, un Saint avait cette bonne habitude : lorsqu’il entendait les gens parler en mal de lui et le critiquer, il disait à ses disciples : « Allez offrir des cadeaux de ma part à ces gens. » Au début, ses disciples s’étonnèrent de la conduite de leur maître. Ils se demandaient comment celui-ci ose t-il offrir des cadeaux et des gâteaux à ceux qui le critiquaient et le blasphémaient. C’était la première fois qu’ils voyaient çà. Même ceux qui le critiquaient étaient dans une grande stupéfaction. Ils se disaient si le maître n’était pas fou. Un beau jour, le saint décida de dévoiler la sagesse de sa conduite et leur donna cette explication : « J’ai agis ainsi envers vous parce que vous travaillez pour moi. Oui, vous travaillez pour moi. Vous méritez donc d’être rémunéré. En me critiquant sans cesse de façon infondée et erronée et sans jamais chercher à m’aider, vous êtes devenus mes employés ! Vous méritez donc d’être payé. Par vos critiques infondées et impitoyables, vous achetez mes péchés, vous les enregistrez sur votre livre de compte et vous me rendez purs. Je vous offre ces cadeaux en guise de salaire pour votre labeur en ma faveur. »

Cherchons donc à aider les gens de s’en débarrasser de leurs défauts en utilisant notre langue par des conseils, par nos mains, par nos moyens financiers ou par des visites individuelles.

* La blessure du cœur ne peut être cicatrisé

Aussi, ne causons pas du tort à notre prochain par notre apparence, par nos mauvaises odeurs, par notre langue comme je viens de le souligner.

Les Saints sont allés jusqu’à dire qu’il vaut mieux frapper quelqu’un avec un sabre que de blesser son cœur avec notre langue. Cela pare qu’une blessure avec un sabre finit par se cicatriser. Par contre, la blessure du cœur ne peut être cicatrisée par une pommade ou autre médicament. En effet, la blessure du cœur d’un musulman causée par la langue demeure à jamais.

* Le musulman est plus sacré que la Ka’bah

Un autre Saint nous donne même ce conseil : « O mon frère ! S’il t’arrive un jour d’avoir une grande envie de faire du mal à quelqu’un, de te défouler et d’assouvir ta rage sur quelqu’un, alors, il vaut mieux pour toi d’acheter un billet d’avion pour prendre la destination de l’Arabie Saoudite, partir à Makkah et briser chaque pierre de la Ka’bah, que de frapper un musulman ou blesser son cœur. Cela parce que le musulman est plus sacré que la Ka’bah selon les dires d’un Hadice. »

Malheureusement, on trouve encore des personnes dans notre société qui sont comme ça : tant qu’elles n’ont pas encore agressé quelqu’un, elles ne se sentent pas bien dans leur peau ; tant qu’elles ne se sont pas battu avec quelqu’un, elles ne sont pas à l’aise. Qu’Allah Taala nous épargne d’être parmi ces catégories de personnes.

Nous voyons à travers ces conseils quel point le bon comportement est important, loin d’être un luxe.

* Rendons le mal par le bien

Aussi, adoptons ce principe dans notre vie quotidienne : ne rendons pas le mal par le mal, mais par le bien, même si rendre le mal par le mal est permis en Islam ; c’est ce qu’on appelle la « loi de talion ». Toutefois, rendre le mal par le bien est une attitude plus méritoire et plus conforme aux enseignements du Qourâne et des Hadices. En effet, si quelqu’un nous fait du mal et que nous le lui rendons, nous sommes alors comme lui. Nous ne pouvons pas être fier de nous, car nous sommes tous les deux, victime et coupable, à pied d’égalité. Nous ne pouvons pas prétendre être meilleur que l’autre.

Et, sachez que nous pouvons même être pire que lui dans certains cas. En effet, quand nous sommes victimes d’un mal, nous rentrons dans une grande colère, nous voulons nous venger à tout prix et nous n’arrivons plus à nous contrôler. Il nous est alors difficile de rendre exactement la même quantité de mal qu’il nous a fait. Très souvent, nous dépassons la dose, nous tombons dans l’excès et nous devenons alors, nous-mêmes, coupables. Nous n’avons pas en notre possession un appareil pouvant mesurer, ni peser le mal dont nous avons été victime. Comment pourrons-nous être sûr d’avoir rendu le mal par le mal ?

Prenons cet exemple : si quelqu’un nous insulte une seule fois et que cela provoque en nous une colère intense. Pouvons-nous être certain de lui rendre le même mal qu’il nous a fait et de l’insulter une seule fois. Je ne crois pas. Au contraire, il y a un grand risque que nous devenions pire que lui en l’insultant sans compter ou en lui donnant un coup de poing au visage, comme c’est le cas de la réaction de la plupart d’entre nous dans ce genre de situation. Nous sommes donc plutôt amener à rendre un mal beaucoup plus grave.

Par contre, celui qui a pour principe de répondre au mal par le bien, il sera toujours meilleur que celui qui lui a fait du mal et il aura toujours la plus bonne note dans cette épreuve.

En effet, si on compare le mal au chiffre « 0 » et le bien au chiffre « 1 ». Faîtes vous-mêmes le calcul : mal + mal = 0 + 0 = 0. En revanche, mal + bien = 0 + 1 = 1. N’est-ce pas là des tables d’addition élémentaires et faciles à tout le monde ?

Cependant, cette grandeur d’âme qui consiste à rendre le mal par le bien est plus facile à dire qu’à faire. C’est facile à dire et difficile à réaliser. Qu’Allah Taala nous le rende facile.

Lorsqu’Allah Ta’ala traite ce sujet dans le Qourâne, savez-vous de quelle façon et avec quel style s’adresse t-Il à nous ? Ecoutez attentivement :

« Repousse le mal qu’on t’a fait de la meilleure façon. »

Allah Taala affirme bien « de la meilleure façon » et non « de la mauvaise façon ». Pourquoi nous recommande t-il d’agir ainsi ? Parce qu’Il veut notre bien-être.

* Conclusion

Je ne vous demande pas de retenir tout ce que je viens de dire. Si vous l’avez retenu, tant mieux et Alhamdoulillah. Sinon, tant pis. Mais, gravez au moins cette phrase dans notre esprit par amour pour Allah Taala :

« Vis dans ce monde de telle manière que lorsque tu meurs, les gens te pleurent. Cela parce que tu étais homme de bien et non une source de malédictions. »

Et retenez bien ceci : C’est seulement lorsque nous respecterons les droits d’Allah Taala et ceux d’autrui que nous serons des hommes et des femmes pieux dans la cour d’Allah Taala.

Enfin, demandons tous la grâce d’Allah Taala pour qu’Il nous accorde le Tawfiq de mettre les paroles ci-dessus en pratique.

N’oublions jamais que nous sommes une communauté minoritaire à la Réunion. Nous devrons donc: être des exemples et posséder le savoir-vivre afin d’avoir de la considération dans la société. Introduisons en nous les gestes de politesse qui donnent une bonne image de l’Islam. Ne considérons pas le bon comportement et le savoir-vivre comme des choses insignifiantes. Sachons nous montrer solidaires entre nous. A celui qui nous fait du mal, rendons-lui le bien. Devenons ce genre de croyant et musulman qui a comme credo : le mal par le bien.

 

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